Cette étude mobilise les données disponibles les plus récentes. A l'échelle nationale, elle vise à :
A. Améliorer la quantification de la disponibilité en biomasse ligneuse :
- dans les gisements forestiers : approfondissement des connaissances antérieures, amélioration des méthodes de calcul des disponibilités en bois, mobilisation des données IFN collectées entre 2005 et 2007 ;
- dans les gisements ligneux non forestiers : peupleraies, haies et alignements, autres ressources ligneuses implantées dans les espaces ruraux et urbains ;
- en fonction des types d’usages potentiels des bois (définis selon des critères physiques et qualitatifs).
B. Améliorer la caractérisation de la disponibilité des gisements en élargissant le champ des contraintes pour approcher la disponibilité effectivement exploitable des forêts, des peupleraies et des haies :
- selon les conditions techniques d’exploitation : accessibilité physique de la ressource ;
- selon les conditions économiques de mobilisation : disponibilité à un niveau de prix donné ;
- dans un contexte de gestion durable des ressources : disponibilité ventilée selon la sensibilité chimique des sols aux exportations minérales induites par la récolte des menus bois ;
- selon la récolte actuelle : évaluation des volumes disponibles supplémentaires.
C. Analyser le gisement de biomasse des ressources ligneuses "annexes" (vignes, vergers, arbres urbains, souches forestières) :
- évaluation quantitative de la disponibilité brute ;
- évaluation de la faisabilité technique et économique de la mobilisation de ces gisements ;
- discussion sur les intérêts et les limites de cette mobilisation en termes environnementaux.
D. Construire un site Internet pour la consultation des résultats de l’étude.
Remarque : Cette étude de ressource répond à une question posée par l'Administration au niveau national, échelle à laquelle elle fournit des éléments de cadrage.
Elle ne permet pas en revanche de répondre directement aux questions locales concernant par exemple l'approvisionnement de la chaufferie X.
A cette échelle, il reste indispensable d’établir un plan d’approvisionnement, appuyé sur les résultats de la présente étude, et étayé d'une analyse
des données techniques et économiques disponibles localement.
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Plusieurs évaluations à l’échelle nationale de la biomasse ligneuse disponible pour l’énergie ont été réalisées récemment pour le compte de l’ADEME (2005 et 2009) et du MAAP (2007 et 2009). Elles s’inscrivent dans une dynamique d’amélioration qui concerne à la fois :
- les objets analysés (par exemple en intégrant les ressources bocagères) ;
- les méthodes de calcul (par exemple en affinant l’analyse sylvicole dans les forêts mélangées) ;
- les connaissances scientifiques (par exemple en évaluant le volume des menus bois) ;
- la prise en compte des contraintes à la mobilisation, techniques (accessibilité physique), économiques (prix de revient) et environnementales (sensibilité chimique des sols aux exportations de biomasse).
Les études réalisées en 2008-2009 à la demande de l’ADEME (confiée au groupement IFN / FCBA / SOLAGRO) et du MAAP (confiée au Cemagref, avec l'intervention de l'IFN) contribuent et bénéficient de la progression des connaissances et des améliorations méthodologiques les plus récentes. Elles ont été menées en étroite collaboration pour ce qui concerne la ressource forestière. Dans un souci de cohérence des résultats publics, données, méthodes et hypothèses ont été partagées, voire définies en commun. Les résultats en disponibilités forestières brutes des deux études sont identiques (au moins pour un des scénarios retenus dans l'étude MAAP). En revanche, les résultats en disponibilités nettes qui en dérivent répondent à des objectifs différents : alors que l’étude MAAP s’est attachée à évaluer la disponibilité accessible suivant des critères essentiellement techniques (pente, etc.), l’étude ADEME fournit des résultats suivant une analyse technico-économique.
Le schéma suivant synthétise l'histoire récente des études nationales sur l'évaluation du gisement potentiel de bois énergie. Il illustre également les liens mis en place entre les études ADEME et MAAP.

A noter également la contribution apportée par l'ANR et notamment le projet ECOBIOM (programme PNRB - bioénergies) qui s'est terminé en 2009.
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Cinq réunions interrégionales ont été organisées début 2009 dans le cadre de l'étude, chacune d’elles abordant les problématiques locales (comptes rendus téléchargeables depuis le menu "Archives et téléchargements").
Ces rencontres ont permis d'informer les acteurs régionaux sur les études nationales en cours et de mieux prendre en compte les particularités régionales dans l'évaluation des gisements disponibles, notamment en ajustant les hypothèses de calcul.
Les informations relatives aux forêts ont été transmises au Cemagref afin qu'elle soient prises en compte dans l'étude réalisée pour le MAAP.
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L’étude consiste en une évaluation de la biomasse effectivement disponible pour de nouveaux usages énergétiques à l’échelle nationale. Le gisement de bois apte au sciage, déroulage ou encore à la construction (i.e. le bois d'oeuvre) est exclu de l’analyse.
Les chiffres publiés doivent être interprétés comme des estimations dans la mesure où ils correspondent à des calculs sous hypothèses en fonction des connaissances actuellement disponibles. Il s’agit d’une étude de portée nationale et, en ce sens, toutes les spécificités régionales n’ont pas pu être prises en compte. Les résultats régionaux doivent être interprétés comme des ordres de grandeurs probables.
Initialement, les gisements de bois estimés dans chacune des ressources correspondent à des disponibilités brutes qui peuvent s’apparenter à des volumes maximums récoltables. Pour autant, des contraintes de différentes natures pèsent sur la mobilisation effective de ces gisements.
4.1) Contraintes prises en compte :
- Durabilité de la récolte : Le prélèvement de certains compartiments de biomasse (petites branches, souches) peut entraîner des exportations d’éléments minéraux préjudiciables à la fertilité des sols. Les gisements sont caractérisés suivant la sensibilité chimique des sols aux exportations minérales ;
- Exploitabilité physique : Il est parfois impossible d’accéder aux arbres ou d’évacuer les bois abattus (pente trop forte, inaccessibilité aux engins forestiers, aux grumiers, etc.). Les disponibilités sont ventilées suivant la difficulté physique d’exploitation ;
- Contrainte économique : C’est une contrainte majeure. Son niveau varie avec la rémunération des produits récoltés. Aujourd’hui, on considère que le gisement exploitable est celui dont l’exploitation est rentable. Le coût de l’exploitation variant avec la difficulté d’exploitation, si le prix payé pour un produit donné augmente, des gisements auparavant inexploitables d’un point de vue économique le deviennent. Les gisements sont donc caractérisés en fonction de leur coût d’exploitation, ce qui caractérisera leur disponibilité à un niveau de prix donné.
4.2) Contraintes non prises en compte :
L’approche retenue n’est toutefois pas exhaustive en terme de prise en compte des freins à la récolte, par manque à ce jour d’informations et de connaissances consolidées à l’échelle nationale.
- L’organisation foncière des propriétés privées et la propension à offrir du bois de la part des propriétaires sont exclues du champ d'analyse. En effet, connaissances, données et modèles permettant de qualifier les propriétés privées et de caractériser le comportement d’offre des propriétaires sont encore insuffisants à l'échelle nationale ;
- Les volumes de disponibilités concernent des bois vendables et pas des bois commercialisables. En effet, le coût de transport n’est pas intégré, faute d’éléments dans une étude d'envergure nationale sur la localisation précise au sein des régions des gisements et des sites de transformation et/ou de consommation. Ainsi, les contraintes de voirie (ponts, tonnage limite des routes, épingles à cheveu) ne sont pas analysées ;
- Parmi les contraintes environnementales, les informations disponibles au moment de l’étude n’ont pas permis d’intégrer la sensibilité des sols au tassement induit par le passage des engins d’exploitation.
Les restrictions d’exploitation dans les zones protégées n’ont pas non plus été intégrées, ces éléments n'étant éventuellement accessibles qu'au niveau de chaque site protégé.
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Seuls sont édités des chiffres qui s’appuient sur des résultats d'inventaire suffisamment précis du point de vue statistique (surface boisée ou longueur de haie).
Après trois campagnes annuelles d’inventaire IFN, une précision jugée suffisante pour l’estimation des surfaces boisées est obtenue à partir de 50 points d’inventaire, soit 20 000 ha en peupleraie et 36 000 ha en forêt.
Dans le cas des haies, le linéaire minimal pour la publication des résultats est fixé à 20 000 km. Ces seuils de surfaces et de longueurs seront réduits à terme avec la mobilisation des cinq premières campagnes annuelles d’inventaire IFN.
Cette approche permet de réduire une partie de l’incertitude des résultats publiés en garantissant au minimum qu’ils s’appuient sur une ressource physique circonstanciée. En revanche, les incertitudes liées à l’imprécision des autres données source mises en oeuvre, aux modèles et au choix des hypothèses ne sont pas directement quantifiées. Dans ce cas, la sensibilité des résultats aux principales hypothèses est analysée.